La descente s’arrête en Mauritanie pour Carole Montillet et Mélanie Suchet
Par Urbain Auriol le 17 janvier 2007
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Pour leur premier Dakar, les deux anciennes championnes de ski ne verront pas le lac Rose. En même temps, elles l’ont déjà vu il y a un peu plus d’un mois en remportant ensemble la catégorie Marathon de la première Transafricaine Classic. Mais dans la caravane du Dakar, tout le monde s’accorde pour dire que s’il y avait bien un équipage qui méritait de le voir cette année, c’étaient elles. André Dessoude, le patron de leur équipe, est de ceux-là.
« J’ai rarement vu autant de détermination au sein d’un équipage, expliquait-il aujourd’hui. Même lors de leur arrivée à Néma, Carole et Mélanie avaient le sourire. Elles ont donné une belle preuve de courage et ont démontré un grand sens des responsabilités. Je connais beaucoup de compétiteurs plus expérimentés qui auraient renoncé dès les premiers problèmes. Elles, non. Je suis émerveillé par leur attitude et très déçu de cet abandon. J’aurais vraiment de tout mon coeur souhaité qu’elles arrivent à Dakar. Elles le méritaient tant. On ne voit un mental pareil que chez les champions, et de toute façon, championnes, elles le sont déjà et hier elles l’ont prouvé de la plus belle des manières qui soit. »
Pourquoi tant d’admiration chez André Dessoude, un homme qui compte pourtant pas moins de 25 Dakar à son actif ? Retour en arrière. Dimanche, le rallye parcourt 497 entre Tichit et Néma. Avant même le CP1, les filles rencontrent un problème avec leur Nissan Pathfinder. « Nos ennuis ont commencé lundi au kilomètre 110 de la spéciale. Le support moteur a cassé et il a bien fallu se débrouiller seules. En suivant tous les conseils prodigués, nous sommes parvenues au prix de longs efforts à sangler ce fichu moteur. Nous avons repris la piste, plus attentives que jamais et avons franchi le CP1 en début de soirée.
Nous avons à nouveau fait un check-up de la voiture et sommes reparties. Mais le calvaire ne faisait que commencer. Une trentaine de kilomètres plus loin, le moteur a commencé à ratatouiller. Nous avons préféré nous arrêter avant de tout endommager en espérant que le camion d’assistance viendrait à notre secours, solutionnerait le problème et surtout que nous pourrions repartir. Nous avions déjà calculé les kilomètres qu’il restait à parcourir, le temps approximatif que nous allions mettre, l’heure de fermeture du contrôle à Nema et notre départ dans le chrono suivant. Malheureusement, le sort en a décidé autrement. André Dessoude a donné notre position au camion d’assistance, mais en essayant de nous retrouver celui-ci a un peu trop tiré son cap et s’est retrouvé bloqué dans les dunes. A ce moment-là, nous ne le savions pas et la longue attente a commencé. La nuit était tombée et nous avons essayé de dormir quelques heures. Une voiture de médecins de l’organisation est venue à notre rencontre pour nous donner de l’eau et des rations. A aucun moment, nous n’avons mis notre vie en danger. Nous avions suffisamment à boire et de quoi nous restaurer. »
Il est 3h30 cette nuit là. Les filles n’en peuvent plus d’attendre et tentent de repartir d’elles-mêmes. Mais faute de batterie, elles s’arrêteront quelques mètres plus loin. L’attente se poursuit alors, interminable. Ce n’est qu’à 14h00 qu’un camion d’assistance concurrent arrive. Les mécaniciens arrivent à faire repartir la voiture. « Nous sommes reparties pleines d’espoir en faisant très attention, mais au fil des kilomètres le moteur donnait de plus en plus de signes de faiblesse ».
C’est alors le camion balais qui les rejoint. L’abandon est obligatoire. Laisser la voiture là, dans le désert, est par contre impossible. Avec un peu de charme, les filles se montrent persuasives et la voiture est remorquée jusqu’à Nema par le camion balai. A l’arrivée, malgré les 48 heures passées seules dans le désert, la suite de galères rencontrées, l’amertume d’une aventure inachevée, les filles sont toujours aussi souriantes.
« C’est décevant car nous avions fait le plus dur sur ce rallye, ce qui restait à parcourir aurait dû sans trop de problème nous mener jusqu’à Dakar. Mais c’est la course. Notre satisfaction est de nous être battues jusqu’au bout pour atteindre notre but, comme nous l’avons toujours fait, c’est notre nature, c’est tout. Nous tenons à remercier les partenaires qui nous ont permis de vivre cette aventure qui, il y a encore quelques semaines, n’était qu’un rêve. Merci à André Dessoude, à notre équipe et à tous ceux qui nous ont donné un coup de main sur la piste. Nous n’aimons pas les challenges inachevés et j’espère que nous pourrons revenir, pour cette fois, aller au bout du rêve et jusqu’au Lac Rose… »
Pas de doute que la prochaine fois, elles y parviendront.
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"Nous sommes dans une situation rêvée, nous rendons la vie dure à la concurrence"
Par Urbain Auriol le 15 janvier 2007
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Giniel de Villiers et Dirk von Zitzewitz sont en tête du rallye avec leur Volkswagen Touareg. Quel regard portent-ils sur la première moitié de la course ? Leurs adversaires ? Autant de questions auxquelles ils répondent pour nous.
Quelles conclusion tirez-vous après les sept premiers jours du 29e Rallye Dakar?
Giniel de Villiers : «Jusqu'à maintenant, ça marche très bien pour nous et pour toute l'équipe Volkswagen. Nous sommes heureux, bien sûr, d'être leaders à la mi-course. Nous avons eu des journées difficiles et quelques étapes faciles, dans l'ensemble, ça été vraiment dur jusqu'à présent. C'est surtout la dernière étape avant le jour de repos qui était une vraie galère. Mais nous avons encore un long parcours devant nous, sur lequel nous devons nous concentrer.»
Dirk von Zitzewitz : «Le Rallye Dakar est très difficile et éprouvant et a commencé plus fort au Maroc que les années précédentes. Tous les membres du team font un travail formidable. Nous sommes en tête, c'est donc une bonne position de départ pour affronter la deuxième moitié du Rallye.»
Quelle a été la situation la plus difficile que vous ayez dû surmonter jusqu'à aujourd'hui ?
Giniel de Villiers : «Sans aucun doute, la septième étape de Zouèrat à Atâr. Car on ne pouvait pas reconnaître le paysage avec la poussière épaisse à cause de la tempête de sable, la navigation était ainsi très difficile. Le pilotage était assez compliqué dans ces conditions extrêmes. Nous avons maîtrisé la situation grâce à un bon travail d'équipe.»
Dirk von Zitzewitz : «En fait, il n'y a pas encore eu de situation vraiment difficile. A la septième étape, dans la tempête de sable après 23 kilomètres, je suis allé trop loin à gauche et Giniel a dû faire demi-tour. Nous avons perdu plus d'une minute, ça aurait pu dégénérer en une situation difficile, mais ça n'a pas été le cas, car l'ambiance dans le cockpit est très détendue.»
Quel est le niveau de difficulté du parcours de cette année ?
Dirk von Zitzewitz : «Le parcours est similaire à celui des années passées. L'étape de Zouérat à Atâr avait moins de sable et plus de piste dure que les années précédentes. Sans aucun doute le rallye est difficile, mais pas nettement plus difficile qu'en 2006.»
Quelle est l'importance du travail d'équipe sur le Dakar ?
Giniel de Villiers : «Il est essentiel pour ce rallye, car tout doit fonctionner parfaitement pendant longtemps. Seule une bonne équipe peut le garantir – et je pense ici à toute l'équipe Volkswagen ainsi qu'à à Dirk et à moi-même. Nous nous entendons merveilleusement, dans le cockpit comme à l'extérieur. Ce qui rend le travail beaucoup plus facile.»
Dirk von Zitzewitz : «Le travail d'équipe entre les coéquipiers est particulièrement important, car nous pouvons nous aider mutuellement et essayer de faire au mieux pour tous. Sur la piste aussi, la coopération fonctionne très bien, car les pilotes Volkswagen ne se considèrent pas comme des adversaires, mais travaillent ensemble vers un même objectif. Dirk et moi, fonctionnons parfaitement bien ensemble, nous sommes détendus et concentrés, nous travaillons main dans la main. Sans travail d'équipe, on ne peut pas terminer un Rallye Dakar avec succès.»
Comment est le nouveau Touareg ?
Giniel de Villiers : «Quelques mots suffisent : la voiture marche à la perfection.»
Dirk von Zitzewitz : «Les performances du Race Touareg 2 sont formidables. Toutes les améliorations apportées au moteur et au train roulant sont formidables. L'ensemble s'est nettement amélioré. Si ça continue comme ça a commencé, je ne peux dire que : super !»
La concurrence est-elle forte cette année ?
Dirk von Zitzewitz : «La concurrence est très forte, mais nous avons réussi à la dominer. Mitsubishi doit lentement regagner du terrain, sinon il y aura un problème pour l'équipe. C'est ce résultat que nous avions espéré. Un grand compliment à nos mécaniciens, ingénieurs, management et aux pilotes de notre équipe pour nos bonnes places. Nous sommes dans une situation rêvée, nous rendons la vie dure à la concurrence.»
Giniel de Villiers : «Il y a beaucoup de très bonnes voitures et de pilotes excellents. C'est pourquoi il est difficile de devancer les autres de beaucoup. Les premiers ont très peu d'écart entre eux. Le rallye n'est pas encore décidé, une demie-heure, ce n'est rien ici.»
Source : Volkswagen
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Trois questions à Carlos Sainz
Par Urbain Auriol le 11 janvier 2007
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Au soir de la sixième étape, Carlos Sainz, le pilote Volkswagen en tête du Dakar, devance toujours son coéquipier De Villiers de 3'11. Le point avec le pilote espagnol.
Après deux victoires d'étape, vous êtes en tête pour votre deuxième Rallye Dakar. Comment vous sentez-vous ?
«Pour nous le rallye a très bien marché jusqu'à présent. Nous nous réjouissons des deux victoires d'étape, cependant les journées vraiment difficiles sont encore devant nous.»
Pouvez-vous mettre l'expérience de l'année passée à profit ?
«En tous cas, je me sens maintenant plus à l'aise dans les rallyes-raids. Mais je dois avouer que les pistes dures du Maroc et d'Espagne sont naturellement plus faciles pour moi. J'attends avec d'autant plus d'impatience les journées à venir dans le sable.»
Quelle est la différence entre le Volkswagen Race Touareg de 2006 et votre véhicule actuel ?
«De nombreuses améliorations ont été apportées au Race Touareg 2 l'année passée. Pour moi, le Race Touareg 2 de 2007 est un véhicule entièrement nouveau. Je suis très satisfait.»
Source Volkswagen
Voir aussi : Concurrents | Interviews
Ari Vatanen: "écoutez les anciens"... la parole est aux pilotes
Par Christophe Labédan le 17 novembre 2006
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Hymne à la vie: vivre et respecter les autres, il n’y a rien de mieux…
Ari Vatanen (54 ans), marié à Rita, 4 enfants.
Il débute la compétition en 1971. Champion du monde des rallyes en 1981. Victime d’un accident lors du Rallye d’Argentine, il frôle la mort, mais décide de repartir au combat. Il se consacre alors aux rallyes raids et devient Champion du Monde en 1997 et se distingue sur le Paris-Dakar, qu'il remporte quatre fois (1987, 1989, 1990 et 1991) avec PSA.
En 1988 son insolente victoire à Pikes Peak illustre sa détermination.
Absent de l’édition 2006, Vatanen fera son retour sur le Dakar 2007 au volant de la Race Touareg 2 avec Fabrizia Pons sur le siège de droite. "Je me réjouis d’affronter ce nouveau défi" déclare-t-il. "Volkswagen poursuit le projet Dakar avec beaucoup d’ambition et une grande motivation, je voulais absolument en faire partie. Lors des essais, j’ai déjà pu faire la connaissance du Race Touareg et de l’équipe. Je suis convaincu que la voiture, l’équipe et moi-même, nous avons une chance de remporter la victoire. Fabrizia est une partenaire que je connais bien en qui je fais cent pour cent confiance." Malgré un abandon mécanique (moteur !) à l’UAE Desert Challenge qui vient de se disputer, Ari reste confiant et nettement optimiste pour l’avenir ; cet exercice a servi d’excellente base d’entraînement et de répétition générale pour le prochain Dakar !
Membre du Parlement européen, Ari Vatanen est également Officier de l'Ordre National du Mérite. Il y orchestre de nombreuses séances et commissions, notamment dans le domaine des transports, du tourisme et de la sécurité.
Président de l'association "Mobilité pour la Prospérité en Europe", Ari milite pour une politique des transports plus efficace pour satisfaire mieux les intérêts des contribuables et usagers.

“Mon expérience m’a démontré à quel point la vie est fragile et précieuse et combien il faut la respecter.
Ce n’est pas à l’homme de décider de la vie ou de la mort de ses semblables.”
Bien sûr qu'à l'époque de ma petite enfance j'étais plutôt tout fou; à l'âge de six ans je conduisais déjà les tracteurs de la ferme en essayant de réaliser de belles figures, même des dérapages plus ou moins contrôlés ! Puis c'est à douze ans que j'empruntai la voiture de mes parents pour essayer plein de nouveaux "trucs"… C'est vrai, la jeunesse sert à faire des bêtises, à apprendre et mûrir; mais j'ai eu de la chance… ce n'est pas le cas de tous.
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Arriver au sommet grâce à la technique, aux entraînements et à la sécurité… Mais tout ça, c'est du passé lointain, c'était un autre siècle, un autre environnement, avec un trafic routier proche de zéro. Et surtout une autre culture : la culture scandinave, l'ambiance familiale… important la famille ! Je suivais l'exemple de ces vieux routards, les Nordiques, de fameux pilotes qui raflaient toutes les victoires aussi bien au rallye de Monte-Carlo qu'ailleurs : les rois de la glissade sur terrain glacé. Excellente école la Finlande pour ce type d'exercice. Les cinq premières années après avoir passé le permis de conduire, j'en rougis de honte encore, mais je confesse publiquement que j'étais totalement inconscient en prenant des risques irréfléchis ! J'ai eu beaucoup de chance. Par la suite, en travaillant dur, j'estime être arrivé au sommet de cet art grâce à beaucoup de technique, d'entraînements, mais toujours dans des conditions très sécurisées, routes fermées à la circulation, circuits de vitesse.

Sanction définitive et irréversible ! Mais maintenant quand je vois les gamins sur ces scooters pétaradants, je tremble; ils se faufilent sans vergogne dans la densité de la circulation ne respectant rien. Ni foi ni loi ! Ils ont l'impression d'être immortels et pensent tous qu’ils sont des surdoués du guidon… des "Valentino Rossi" en puissance. Et si par malheur je leur fais une réflexion amicale de mise en garde, c'est une avalanche d'injures que j'encaisse en remerciements. Ils sont loin de la réalité et n'imaginent surtout pas que pour quelques fractions de secondes de stupidité, ils passeront le reste de leur misérable vie dans les conditions pitoyables des handicapés. Une vie fichue pour une connerie ! Et ça, c'est sans compter les victimes qui ne demandaient rien. La plupart du temps, la sanction est malheureusement définitive, irrévocable, irréversible !
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Conscience, respect, tolérance… Je crois qu'à la base, ce manque de respect et de considération vient de l'environnement familial et scolaire. Quand je parle à des enseignants ils m'avouent bien souvent être totalement désarmés… et ont même très peur de cette agressive désinvolture et de cette arrogante insolence. Il existe un phénomène incontrôlable qui est en train de jouer un rôle très négatif : les enfants sont de moins en moins sensibles et j'ai l'impression qu'ils ne connaissent plus la valeur et l'existence de certains principes : conscience, respect, tolérance…
Démonstration d'intelligence… Ces notions basiques ne s'apprennent pas comme un poème ou la table de multiplication. A l'inverse du bachotage, elles doivent devenir naturelles et spontanées grâce aux exemples de tous les jours; c'est comme la politesse et la galanterie… je trouve que c'est très agréable et valorisant de faire plaisir aux autres en leur accordant l'importance qu'ils méritent. C'est une démonstration d'intelligence pour affirmer sa propre maîtrise, son propre contrôle, son sang froid ! Au contraire l'agressivité est partout ! C'est la révélation même de l'égoïsme pur lié au comportement individuel qui donne le sentiment de vivre seul sur notre pauvre petite planète.
Humilité et prise de conscience… D'ailleurs, toutes ces attitudes se retrouvent dans la rue, sur les routes. J'ai souvent l'impression de vivre une compétition sans règles. Compétition sociale, compétition de force, compétition d'intimidation, compétition de violence. Mais où est la morale dans cette jungle ? Humilité ? Absence totale de cette notion ! Conscience ? Tout le monde est sûr d'avoir raison, sûr d'être le meilleur conducteur, et certain d'être totalement invulnérable.
Commencer dès le plus jeune âge… Le permis de conduire n'est qu'une autorisation légale afin d'apprendre à conduire. Je constate que l'apprentissage n'est pas assez sévère et que la formation est incomplète. Il manque ces véritables substances que l'on rencontre dans la vraie vie. Il faut insister sur un apprentissage global, qui doit inclure, en complément des bases actuellement existantes, non pas des notions rudimentaires mais des exigences obligées comme la maîtrise du véhicule par tout temps, un entraînement plus profond, plus long dans le fond et dans les formes. Et cette éducation doit impérativement commencer dès le plus jeune âge.
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Rien de mieux que la pratique… J'imagine un permis de conduire à plusieurs phases : dès l'école primaire il est plus facile d'apprendre le code de la route, de le perfectionner au collège puis au lycée, en trouvant parallèlement des solutions pour accéder rapidement à la pratique.
Car il n'y a rien de mieux que la pratique; à quoi pensez-vous que servent toutes ces séances d'entraînement qu'ingurgitent les sportifs. Sur la route, c'est pareil; plus on conduit, plus on apprend, et mieux on maîtrise.
La route c'est le danger permanent avec un grand "D"... Les conducteurs n'ont pas conscience de tous les risques. Pour moi, le véhicule inoffensif c'est celui qui reste au garage. Quant il roule, c'est aussi simple que les lois de la physique et de la balistique; qui dit mouvement dit puissance, qui dit puissance dit vitesse, qui dit vitesse dit violence, qui dit violence dit dommage ! Il faut savoir que le corps de l'être humain a des limites de tolérance très faibles; même les tests d'homologation des véhicules réalisés dans les laboratoires se passent à une vitesse encore trop basse, c'est même pas la moitié de la vitesse maximum autorisée. D’où cette notion de responsabilité qui doit faire l'objet de la priorité absolue !
Le respect des règles permet de sauver une vie sur deux… Bien sûr que maintenant avec des responsabilités politiques je vais m'engager dans un combat permanent pour arriver à améliorer cette situation. Déjà, les dispositions prises par le gouvernement actuel portent leurs fruits; mais ce n'est jamais assez. A l'inverse de quelques uns, je reste favorable à la démocratisation du transport individuel. Mais il faut certainement le faire avec des armes intelligentes. Je ne veux pas aborder l'aspect répressif qui est incontournable et indispensable. Pour l'instant les règles de la circulation routière sont à peu près identiques dans tous les pays occidentaux. Vivre en société, en respectant tous les individus, c'est déjà respecter strictement les lois existantes. Ce scrupuleux respect des règles permet de sauver une vie sur deux. Et la vie, c'est l'essentiel !
La sanction est donc un passage obligé; pas vu pas pris, c'est le fondement du comportement humain. Je ne nie pas qu'il serait éventuellement plus intelligent d'arriver à une modulation des limitations de vitesse en fonction des différents paramètres, comme la densité du trafic, les conditions climatiques, la qualité du réseau routier, etc.
Améliorer, moderniser et développer de nouveaux axes… Quand on constate que la SNCF est endettée à hauteur de 80 milliards d'Euros (bientôt 110 quand on y inclut les réserves des pensions et retraites à payer !), je relève les erreurs passées. Le réseau routier est le moyen imbattable pour le transport. C'est incontournable ! Maintenant il faut continuer à l'améliorer, le moderniser et à développer de nouveaux axes. La SNCF ne peut pas concurrencer le transport routier et surtout, elle n'est pas en mesure d'absorber le volume et garantir la même flexibilité. Le ferroutage est seulement avantageux sur certains axes, et pour certaines marchandises.
"EuroNCAP" propose des solutions intelligentes… L'autre souci majeur directement lié à la sécurité des véhicules individuels c'est le vieillissement du parc. Des solutions doivent être trouvées pour accélérer le renouvellement des véhicules. En Finlande les véhicules sont lourdement taxés à l'achat. En France cette taxation demeure plus attractive. Je suis favorable à une baisse sensible de cette fiscalité pour l'acquisition d'un véhicule neuf. D'ailleurs, j'applaudis les nouvelles dispositions prises par notre Ministre du développement durable, qui partant sur des critères d'environnement sanctionne financièrement les modèles qui polluent, et récompense les acheteurs de ceux qui proposent des solutions modernes en réduisant de façon durable la toxicité des émissions. Il faut arriver à étendre également ce type de dispositions sur des critères propres à la sécurité tant active que passive. Dores et déjà l'organisation "EuroNCAP" propose des solutions intelligentes où des paramètres complexes sont pris en compte afin d'attribuer un classement suivant des critères reconnus. Bien évidement la solution contre la pollution c'est le petit véhicule de basse cylindrée, mais qui dit petit véhicule dit aussi performances et efficacité moindres en cas de choc ! Un groupe permanent de travail doit fédérer cette législation.
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J'avoue rouler, surtout de nuit, à une vitesse de croisière de 150 – 160 km/h; à cette vitesse, et en fonction du trafic, je considère être raisonnable. Il y a plusieurs années, j'ai souvent voyagé en tant que passager avec certains de mes "patrons", fameux anciens pilotes de compétition et excellent conducteurs au demeurant, qui eux ne roulaient jamais à moins de 230 – 250 pendant plus de 900 km. En faisant abstraction du risque et des dangers, si on fait le calcul de la consommation, le nombre des arrêts ravitaillements (sans compter les derniers 35 kilomètres à 50 km/h pour arriver réservoir vide à la prochaine station service), la moyenne globale et le coût du voyage n'en valent pas la chandelle !
Bien sûr que la compétition aide à mieux conduire, bien sûr que la pratique du karting chez les adolescents serait une bonne idée pour acquérir les bases d'une meilleure maîtrise, d'une plus grande dextérité, mais tout cela a un coût !
Ensemble et en harmonie : priorité majeure… Pour l'instant, avec les moyens que nous avons, le principal atout pour améliorer la sécurité, c'est combattre les libertés individuelles égoïstes; la route est à nous tous, partageons-la intelligemment, ensemble et en harmonie avec une priorité majeure dédiée au respect mutuel.
Ari VATANEN
Pilote Automobile
Député au Parlement Européen
www.arivatanen.com
Propos recueillis par Jacques SamAlens (StrategiesAutoMotive-Communications)
Et le mot de la fin pour les lecteurs du blog auto:
Chers Amis,
Appreciez la vie mais conduisez prudemment.
Bien à vous
Ari Vatanen
Voir aussi : Historique | Interviews

